Et c’est parti….

 À 18h30, heure de Buenos Aires, nous nous sommes positionnés sur la première station d’échantillonnage. C’est le branle-bas de combat sur le pont arrière du Coriolis ll. Les scientifiques et le personnel navigant dédié aux opérations, telles des fourmis, s’affairent à préparer les équipements qui doivent être déployés pour cette première séquence d’échantillonnage. Les uns arment la rosette et la préparent à faire sa première descente vers les profondeurs de l’Atlantique Sud. Les autres s’affairent à installer les filets à plancton et l’enregistreur à plancton.

Échantillon
Les systèmes de filtration en attente d’échantillons

 C’est la rosette qui fera la sortie inaugurale puisque c’est à partir des données qu’elle nous fournit en temps réel et en continu que nous déterminerons le reste des opérations. La timonerie donne le signal de départ, les moteurs ronronnent, le navire est en position et prêt à y rester. Les treuils sur le pont arrière se mettent en marche, la valse commence. Les ordres sont donnés clairement. Doucement la rosette quitte le pont du navire pour sa première descente vers les abysses.

poisson
Un poisson prélevé à 300m bioluminescent

Son premier voyage sera quand même raisonnable, 300 mètres pour sa première sortie. On la fait descendre juste en dessous de la surface de l’eau histoire de s’assurer que tous les senseurs fonctionnent, température, salinité, fluorescence, matière particulaire, oxygène, nitrate et densité. Tout semble correct et c’est la descente. Dans la salle de contrôle, nous pouvons voir sur les écrans se profiler les différents paramètres en fonction de la profondeur. La température diminue rapidement, la fluorescence montre un pic à 10 mètres puis diminue au fur et à mesure que la profondeur augmente. Du côté de la salinité, c’est le calme plat 34 %, une eau typiquement océanique. La rosette est rendue à 300 mètres, à la lumière des résultats affichés sur les écrans, c’est la discussion dans la salle de contrôle pour déterminer les profondeurs où l’eau sera récoltée en remontant. Chacun a sa petite idée, mais c’est le chef de mission qui a le dernier mot. Ce sera à 300 m, à 100m, dans le maximum de fluorescence et en surface. Le signal est donné et les 3 premières bouteilles se ferment à 300 m. La rosette remonte jusqu’à 100 m et un autre signal pour fermer les trois autres bouteilles et ainsi de suite jusqu’en surface. Elle est sortie de l’eau, son premier voyage est réussi. Autour d’elle, les chercheurs s’affairent à récolter les précieux échantillons qui seront traités sur le bateau, mais ça, c’est une autre histoire, tout comme les autres précieux équipements qui sont déployés pour aller chercher d’autres informations.

 Serge Demers à bord du Coriolis II