Les géologues de l’ISMER-UQAR débarquent à Comodoro Rivadavia!

Audrey_03
Pierre-Arnaud Desiage, Catherine Jetté, Audrey M. Rémillard, Jacques Labrie, Jean-Carlos Montero-Serrano et Guillaume St-Onge.

Après plusieurs heures de vol et quelques escales, l’équipe rimouskoise du projet MARGES (Marine Geology of the Gulf of San Jorge) a fait son arrivée dans la ville côtière de Comodoro Rivadavia. Dans l’attente de notre embarquement et afin de connaître le contexte de la géologie régionale, nous avons décidé d’entreprendre une expédition géologique au cœur de cette partie semi-désertique de la Patagonie argentine. Nous avons exploré la forêt pétrifiée de Sarmiento (Área Natural Protegida Bosque Petrificado Sarmiento). En arrivant sur le site, nous étions tous bouche bée; les couleurs vives des strates géologiques sont à couper le souffle et le paysage désertique donne la drôle de sensation d’être sur une autre planète! Des troncs et des arbres entiers datant de 65 millions d’années jonchent le sol. Comment est-ce possible? À cette époque, l’inexistence de la cordillère des Andes offrait des conditions climatiques plus humides favorisant la prospérité d’une forêt subtropicale riche. Cette dernière a ensuite été ensevelie par des sédiments, des cendres et des laves volcaniques, les privant d’oxygène. Un long processus de pétrification (fossilisation) s’est opéré. Aujourd’hui, l’érosion par l’eau et le vent met à jour ces arbres transformés en pierre et offre ce paysage hallucinant rassasiant pleinement nos yeux de géologues! Dans ces mêmes roches, il y avait aussi des fossiles de dinosaures datant de 90 millions d’années!

Audrey_02
Les couleurs vives des strates géologiques sont à couper le souffle et le paysage désertique donne la drôle de sensation d’être sur une autre planète.

Par ailleurs, si des champs pétrolifères abondent dans la région, comme en témoigne la multitude de chevalets de pompage que nous avons observés sur la route, c’est en raison du piégeage de la matière organique et de sa transformation en hydrocarbures dans la roche. L’industrie pétrolière est ainsi la principale activité économique de la population de Comodoro Rivadavia. Le lien avec notre mission à bord du Coriolis II est flagrant : si l’exploitation des hydrocarbures devient aussi importante en milieu extracôtier, soit dans le golfe San Jorge, qu’en milieu terrestre, nous devons évaluer les effets potentiels sur l’écosystème marin ainsi que de déterminer la nature du fond marin et les risques naturels potentiels dans ce golfe afin d’assurer une exploitation future sécuritaire et respectueuse de l’environnement.

Audrey_01
Les champs pétrolifères abondent dans la région, comme en témoigne la multitude de chevalets de pompage que nous avons observés sur la route.

Finalement, après cette magnifique journée et quelques coups de soleil, nous sommes retournés à Comodoro Rivadavia afin de faire les derniers ajustements pour notre départ en mer! Demain soir, nous rencontrerons nos homologues argentins pour une réunion d’équipe préparatoire et le grand départ est planifié pour dimanche. Nous avons plus que hâte et la fébrilité du départ se fait déjà sentir!

Audrey_04
L’érosion par l’eau et le vent met à jour ces arbres transformés en pierre et offre ce paysage hallucinant rassasiant pleinement nos yeux de géologues!

Audrey M. Rémillard de Comodoro Rivadavia