Le temps des grands déploiements!

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Jean-Carlos Montero-Serrano et Catherine Jetté prélevant des échantillons dans la benne.

Après notre arrivée à bord du Coriolis II, deux jours entiers ont été consacrés à la cartographie du fond marin et à la visualisation de l’architecture des couches géologiques sur quelques secteurs du golfe San Jorge.

Une certaine fébrilité envahissait l’atmosphère au sein de l’équipe scientifique; nous avions tous hâte de prélever des sédiments et de jouer dans la boue (une vraie passion pour des géologues marins)! Or, échantillonner le fond marin à plus de 90 m de profondeur, ce n’est pas si simple.

Selon nos besoins, plusieurs possibilités s’offrent à nous et nécessitent l’aide précieuse des dévoués membres de l’équipage. Tout d’abord, afin de valider si le fond marin est propice au carottage et pour récupérer une petite quantité des sédiments de surface rapidement, une benne peut être utilisée, alors qu’un carottier à boîte peut être déployé pour prélever l’interface eau/sédiment sur une épaisseur avoisinant le demi-mètre. C’est l’outil de prédilection de nos collègues-biologistes pour échantillonner des organismes vivants sur le fond. En scrutant les sédiments remontés à la surface à l’aide du carottier à boîte, un sourire de satisfaction s’est accroché aux lèvres de toute l’équipe et le co-chef de mission a décidé de déployer notre modeste colosse : le carottier à piston. Malgré l’engouement, il faut s’armer de patience avec ce type de carottier puisque la préparation de l’ensemble de la structure nécessite l’utilisation de plusieurs treuils et dure donc plusieurs heures. Une fois assemblé, son mode de fonctionnement est assez simple. Le carottier pénètre le fond marin à l’aide d’un poids de 2 000 kg. Un piston exerce une succion dans le tube empêchant les sédiments de sortir lors de la remontée vers la surface. Les heures à attendre pour le grand déploiement sont bien investies : le carottier à piston peut prélever jusqu’à 9 m de sédiments. Selon la vitesse à laquelle les sédiments s’accumulent, ceci peut permettre de remonter quelques milliers, dizaines de milliers et même des centaines de milliers d’années dans le passé!

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Simon Gamache, Gilles Desmeules, André April et Jean Carbonneau retirant la structure du carottier à boîte.

 

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Jean-Carlos Montero-Serrano, Gilles Desmeules et Jean Carbonneau déposant une section du carottier à piston sur les tréteaux servant à extraire les carottes sédimentaires des tuyaux en acier.

Audrey M. Rémillard à bord du Coriolis II